Exposition « À bas bruit » de Clémence Arnold

Le centre culturel de la Visitation à Périgueux accueille du 11 septembre au 14 novembre 2026 À bas bruits, une exposition de Clémence Arnold, lauréate de l’appel à candidature national lancé par la Ville de Périgueux. 

Clémence Arnold

Formée en arts plastiques à l’École des Arts de la Sorbonne dont elle obtient un Master en 2019, Clémence Arnold développe parallèlement sa pratique de la peinture dans un des ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Son travail a été montré dans plusieurs expositions à Paris et à l’étranger.

Un souvenir, une sensation persistante ou encore une scène aperçue dans un film suffisent à l’artiste pour déclencher un processus pictural qui relève autant de la réminiscence que de la fiction. Les œuvres de Clémence Arnold ne racontent jamais un récit précis, elles cherchent à donner forme à un trouble. Issue de mémoires enfouies, sa recherche plastique explore la frontière où l’image vacille entre apparition et disparition…

L’exposition

« Qu’est-ce que le cerveau humain,
sinon un palimpseste immense et naturel ? […]
Des couches innombrables d’idées, d’images, de sentiments
sont tombées successivement sur votre cerveau,
aussi doucement que la lumière.
Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente.
Mais aucune en réalité n’a péri. »

Charles Baudelaire,
Les Paradis artificiels, 1860.

C’est dans cette perspective que le projet conçu pour La Visitation prend tout son sens. L’exposition investit deux espaces distincts qui dialoguent entre eux. Dans la chapelle, une douzaine d’huiles sur bois ainsi qu’une toile de grand format réalisées spécialement pour l’occasion se déploient autour d’une fresque murale recouvrant deux cimaises. L’architecture du lieu – ses volumes, ses élévations, sa mémoire spirituelle – agit ici comme une caisse de résonance. Dans cet endroit autrefois consacré à la prière et à l’idée de salut, les œuvres entrent en dialogue avec des images de basculement, de débordement et de disparition. Mais il ne s’agit pas d’en donner une lecture univoque ; les peintures se veulent volontairement ouvertes à l’interprétation.

La salle d’exposition rassemble des toiles plus anciennes qui font apparaître, en filigrane, certaines préoccupations déjà présentes dans les travaux de l’artiste : la mémoire, la menace, le pressentiment d’un événement latent. L’ensemble compose moins un récit qu’un champ de correspondances où différentes temporalités de la peinture se répondent. Dans cet entrelacement d’images et de sensations confuses, la peinture devient un lieu où se refait l’histoire et où l’imaginaire se déploie. Quelque chose y affleure sans jamais se donner entièrement, comme un mouvement souterrain qui continue d’agir, à bas bruit.

Exposition visible du 11 septembre au 14 novembre 2026. Entrée libre.